Gabrielis ore,
Funda nos in pace,
Mutans Hevae nomen.
Car par Ève, nous sommes enfants de la colère, et par Marie, nous sommes enfants de la Grâce. Et nous sommes infiniment bas par notre descendance d’Ève, et infiniment haut par la transcendance de Jésus-Christ, qui nous a été donnée par la Sainte Vierge. Nous rejoignons ici toutes les observations psychologiques que fait Pascal au sujet de la grandeur et de la bassesse de notre nature.
Le jour même de la chute d’Ève, Dieu faisait entrevoir le salut et annonçait l’Immaculée :
Ipsa conteret caput tuum (Gen., III, 15), dit Dieu au serpent : « Elle-même écrasera ta tête. »
Ce privilège inouï de la Virginité, Marie le tenait du Saint-Esprit, c’est-à-dire tout simplement de Dieu. Car c’est un usage des Livres Saints d’attribuer l’Amour au Saint-Esprit, et l’Incarnation de Notre-Seigneur est la preuve immense de son Amour pour nous. Mais il reste entendu que les trois Personnes n’agissent pas l’une sans l’autre, et que l’Incarnation est une décision des Trois Personnes de la Sainte Trinité (Catéch. du S. Con. de Trente, p. 49).
« Une Vierge concevra et enfantera un fils », avait dit Isaïe (Is., VII, 14).
Et avant même toute parole de Marie, Sainte Élisabeth avait dit : Et unde hoc mihi, ut veniat mater Domini mei ad me ? (Luc., I, 43).
Il va de soi que ce mystère de l’Incarnation est, comme les autres, incompréhensible et dépasse absolument notre intelligence. Mais on peut, par les lumières de la raison, s’en approcher et voir qu’il n’y a pas d’obstacle à y croire.