[20] Jean ne limite pas la durée de la vie d'outre-tombe de Jésus. Il paraît la supposer assez longue. Selon Matthieu, elle n'aurait duré que le temps nécessaire pour faire le voyage de Galilée et se rendre à la montagne indiquée par Jésus. Selon la première finale inachevée de Marc (xvi, 1–8), les choses se seraient passées, ce semble, comme dans Matthieu. Selon la seconde finale (xvi, 9–20), selon d'autres (voir ci-dessus, p. 7, note 1), et selon l'Évangile de Luc, la vie d'outre-tombe semblerait n'avoir duré qu'un jour. Paul (I Cor., xv, 5–8), d'accord avec le quatrième Évangile, la prolonge durant des années, puisqu'il donne sa vision, laquelle eut lieu cinq ou six ans au moins après la mort de Jésus, comme la dernière des apparitions. La circonstance des «cinq cents frères» conduit à la même supposition, car il ne semble pas qu'au lendemain de la mort de Jésus, le groupe de ses amis fût assez compacte pour fournir une telle assemblée (Act., i, 15). Plusieurs sectes gnostiques, en particulier les valentiniens et les séthiens, évaluaient la durée des apparitions à dix-huit mois, et même fondaient là-dessus des théories mystiques (Irénée, Adv. hær., I, iii, 2; xxx, 14). Seul, l'auteur des Actes (i, 3) fixe la durée de la vie d'outre-tombe de Jésus à quarante jours. Mais c'est là une bien faible autorité, surtout si l'on remarque qu'elle se rattache à un système erroné (Luc, xxiv, 49, 50, 52; Act., i, 4, 12), d'après lequel toute la vie d'outre-tombe se serait passée à Jérusalem ou aux environs. Le nombre quarante est symbolique (le peuple passe quarante ans au désert; Moïse, quarante jours au Sinaï; Élie et Jésus jeûnent quarante jours, etc.). Quant à la forme de récit adoptée par l'auteur des douze derniers versets du second Évangile et par l'auteur du troisième Évangile, forme d'après laquelle les circonstances sont serrées en un jour, voir ci-dessus, p. [33], note. L'autorité de Paul, la plus ancienne et la plus forte de toutes, corroborant celle du quatrième Évangile, qui offre pour cette partie de l'histoire évangélique le plus de suite et de vraisemblance, nous parait fournir un argument décisif.

[21] Luc, xxiv, 31.

[22] Jean, xx, 19, 26.

[23] Matth., xxviii, 9; Luc, xxiv, 37 et suiv.; Jean, xx, 27 et suiv.; xxi, 5 et suiv.; Évangile des hébreux, dans saint Ignace, épitre aux Smyrniens, 3, et dans saint Jérôme, De viris illustribus, 16.

[24] Jean, vi, 64.

[25] Matth., xxviii, 11–15; Justin, Dial. cum Tryph., 17, 108.

[26] Matth., xxvii, 62–66; xxviii, 4, 11–15.

[27] Ibid., xxviii, 2 et suiv.

[28] Les Juifs sont censés, Matth., xxvii, 63, savoir que Jésus a prédit qu'il ressusciterait. Mais les disciples mêmes de Jésus n'avaient à cet égard aucune idée précise. Voir ci-dessus, p. [1], note.

[29] Le vague sentiment de ceci peut se retrouver dans Matthieu, xxvi, 32; xxviii, 7, 10; Marc, xiv, 28; xvi, 7.