[26] Dans une comédie espagnole qu’on appelle Autos Sacramentales, notre seigneur J. C. vient prier les chevaliers de Saint-Jacques assemblés de le recevoir dans leur ordre. Plusieurs y consentent; mais les anciens leur représentent qu’ils auraient tort d’admettre un roturier parmi eux; que Saint-Joseph, père de J. C., était un simple menuisier, et que la Sainte-Vierge travaillait en couture. Cependant J. C. attendait avec beaucoup d’inquiétude la décision de l’assemblée, qui avait de la peine à l’admettre parmi eux. Enfin, pour tout concilier, on ouvrit l’avis d’instituer pour lui l’ordre du Christ, ce qui satisfit tout le monde. Cet ordre est celui de Portugal.

[27] On appelle en Espagne vieux chrétiens, ceux dont les ancêtres sont catholiques depuis plusieurs siècles; c’est un titre de gloire.

[28] Dans ces brillantes castes, un jeune homme tutoie un homme constitué en dignité, un ministre, un général d’armée. Le roi et sa famille honorent du tutoiement tous les Esgagnols sans distinction d’âge, d’état, les évêques, les archevêques et les femmes même.

[29] Mortels, vous riez là bas des pleurs d’un enfant, parce que vous connaissez la cause de sa folle douleur; mais au ciel, nous rions d’un homme qui, en cheveux blancs, au déclin de sa vie, est encore un véritable enfant.

[30] Au sujet de cette gravité espagnole, Charles-Quint disait: les Espagnols ont l’air sage et ne le sont pas, et les Français le sont sans le paraître. Philippe II était le plus grave, le plus sérieux des hommes; on ne l’a jamais vu rire, et il voulait que tout ce qui l’entourait respirât la gravité la plus imposante. Il ordonna à tous les membres des autorités souveraines de ne paraître en public qu’avec une robe longue et ample, et de porter la barbe dans toute sa longueur et sa circonférence.

[31] Dès le quatrième siècle les Chrétiens regardaient la volaille et la volatille comme aliments d’un jour maigre, sur ce que la Genèse disait: Dieu commanda aux cieux de produire les poissons et les oiseaux qui volent sur la terre. D’après ce texte on les supposa de même nature. Un concile, en 817, interdit aux moines ces mets succulents les jours maigres; mais dans le monde on les regarda encore long-temps comme permis, et l’on rapporte que plusieurs siècles après, un religieux de Cluni étant allé un jour maigre chez un de ses parents qui lui dit qu’il n’avait que du poisson: «Voilà, dit le moine, en apercevant une poule dans la cour, le poisson que je mange.» Soudain il prit un bâton et assomma la poule. Ses parens lui demandèrent s’il avait la permission de faire gras. — Non; mais la volaille n’est pas de la chair; notre Hymne dit que les poissons et la volaille ont la même origine.

[32] Où est Madrid, que le monde se taise.

[33] Que le génie lui-même soit présent aux honneurs qu’on lui rend! qu’il vienne, les cheveux couronnés de fleurs!

Les Romains plaçaient un chien, symbole de la fidélité, aux pieds de ces Dieux lares.

[34] Les Espagnols et les Italiens donnent toujours à leurs vierges une jolie figure, une physionomie touchante; puissant attrait pour la dévotion.