[35] On prétend qu’il lui disait en la peignant: Imagine-toi que tu es dans mes bras; prends cet air de langueur et de volupté que tu as dans ces moments.

[36] En Espagne le luxe des bagues s’étend jusque sur les Madonnes; ou leur en met souvent à tous les doigts.

[37] Il se nommait Incitatus. Caligula voulait le faire consul; il fit construire une écurie de marbre, une auge d’ivoire; il lui attachait un collier de perles, le couvrait de pourpre, l’admettait à sa table, lui donnait de l’orge et du vin dans une coupe d’or, après avoir bu le premier.

[38] Louez la vie à sa fin, et la journée le soir.

[39] Lebrun l’a représentée, à Versailles, sous la figure d’une femme qui a les cheveux noirs, une couronne royale sur la tête, un vêtement brodé d’or, enrichi de diamants et de perles, et un lion à ses côtés.

[40] Arius vivait au commencement du quatrième siècle; il prétendait que le Christ avait été engendré avant la création du monde, et qu’il n’était qu’un homme infiniment supérieur aux autres.

[41] Ce dialecte est un patois qui a beaucoup d’analogie avec celui de Provence. On parle très-peu la langue espagnole dans cette province.

[42] En France, sous les rois de la première race, les femmes savaient raser; une jeune mariée, le jour de ses noces, devait faire la barbe à son mari; c’était une des clauses du contrat. On prétend que Pénélope promettait aux Dieux, s’ils lui accordaient le retour de son époux, de lui faire la barbe.

[43] Ce tribunal fat institué par les Jacobins dans le treizième siècle, à l’occasion des Albigeois et des Vaudois; il fut reçu en Espagne en 1477, par Ferdinand et Isabelle, à la sollicitation du trop fameux Torquemada, qui fut nommé grand-inquisiteur. Les attributions du saint-office sont la connaissance du Judaïsme, de l’Apostasie, de l’Hérésie, de la Polygamie, de la Sorcellerie et de la Bestialité. Le roi en est le protecteur; le grand tribunal est à Madrid; il en existe douze autres dans les principales villes; ils sont composés de trois inquisiteurs, de trois secrétaires et de quantité d’officiers. Ce tribunal a de plus un nombre infini de familiers.

Torquemada, dans l’espace de quatorze ans, fit faire le procès à plus de cent mille hommes; six mille furent condamnés au feu, dix-sept mille revinrent dans le sein de l’église. Les Juifs et les Maures étaient principalement les objets de ses persécutions; on arrêtait même souvent les Juifs nouveaux convertis, sous prétexte qu’ils avaient balayé leurs chambres à rebours, jetant les ordures de la porte au foyer; qu’ils avaient mis du linge blanc le samedi, allumé des lampes le vendredi au soir, jeûné le jour de la reine Esther, refusé de manger du porc, du lapin, du lièvre et du poisson sans écailles. Lorsque l’ont doit brûler les coupables, l’inquisition les livre aux juges séculiers, en les conjurant, par la miséricorde de Dieu et de ses entrailles, de les traiter avec douceur et sans effusion de sang. On attache le condamné à un poteau; le bourreau lui demande dans quelle religion il veut mourir; s’il dit dans la religion chrétienne, alors on l’étrangle avant de le brûler, sinon il est brûlé tout vif. Les arrêts de l’inquisition sont irrévocables; le roi lui-même ne peut faire grâce. D’autres coupables sont condamnés à une prison perpétuelle, ou à porter toute leur vie un san benito; c’est un scapulaire jaune tanné, sur lequel est appliquée une croix rouge. Tous les ans, à Madrid, dans une salle du couvent des Dominicains, à la Toussaint, après l’office, le prieur de cet ordre fait le panégyrique de Torquemada. C’est faire celui de Néron, de Tibère ou du pape Alexandre VI.