Sans le Vin, sans l’Amour, que faire de la Vie!
Cependant dans son agonie, demi-heure avant d’expirer, il me tendit la main, en jetant sur moi le regard le plus tendre. Il aurait voulu me parler, mais il n’avait plus de voix; il reçut l’extrême-onction et mourut bientôt après, à six heures du soir; il n’avait que trente-deux ans et trois mois. Don Inigo vint m’arracher de cette chambre, et du corps de mon ami. Le lendemain, j’assistai à son convoi; on l’enterra dans une église, par un usage encore subsistant en Espagne: je versai de nouvelles larmes sur sa tombe. Adieu, mon ami, lui dis-je; adieu, poète aimable, je n’entendrai plus tes chansons, je ne jouirai plus des agréments de ton esprit, de ta gaîté, des douceurs de ton amitié. Adieu, adieu; que l’Être-Suprême reçoive ton ame auprès de lui!
Le lendemain de cette triste cérémonie, don Inigo, pour me distraire, me mena à la maison de campagne qu’il venait d’acheter. Ah! quelle ame oppressée n’éprouve du soulagement dans le sein de l’amitié au milieu d’un air pur, dans une douce solitude que le printemps commence à parer de ses couleurs! Don Inigo ne chercha point à dissiper ma tristesse par un flux de paroles et d’axiomes philosophiques; il me laissa rêver tout à mon aise à mon malheureux ami, et m’égarer seul dans la campagne: mais dès que je sentais que la promenade et la rêverie avaient soulagé mon cœur, je venais chercher de nouvelles consolations auprès de mes aimables hôtes qui m’attendaient ou sous un berceau d’orangers, ou sur les bords d’un canal d’irrigation, quand l’ombre et la fraîcheur descendaient sur la terre. Rosalie médisait alors: j’ai pleuré comme vous; qui n’a versé des larmes! Vous avez tari les miennes, vous m’avez consolée; ne pouvez-vous trouver auprès de moi les mêmes consolations que j’ai trouvées auprès de vous? Je lui répondais que le charme de sa présence, et de son amitié, seraient toujours le baume le plus heureux pour fermer ma blessure. Un jour, son père m’ayant laissé un moment avec elle à la promenade, je lui dis: Aimable Rosalie, que le temps est doux et serein auprès de vous! quel charme pénétrant embellit la nature! — La nature et le temps vous paraîtraient encore bien plus beaux, si la belle Séraphine était à ma place. — Non, l’amour meurt bientôt dans un cœur offensé, et puis vos bontés, votre amitié pour moi... — Ne remplacent point dans votre cœur les pertes que vous avez faites. Elle cueillit alors un bouton de rose, et me le présenta, en me disant: je voudrais que cette fleur fût le symbole de l’amitié, et qu’elle fût immortelle. Une autre fois je la trouvai rêveuse, assise sur un banc de gazon, un livre à la main quelle ne lisait pas; je lui demandai le sujet de sa rêverie. J’ai quitté, me dit-elle, mon livre pour écouter le chant des oiseaux, et puis insensiblement, je me suis mise à rêver à l’amitié; c’est un sentiment bien plus doux que celui de l’amour. — Oui, entre deux personnes d’un sexe différent, nées avec des vertus, de la délicatesse et de la sensibilité. Elle se leva alors en me disant: Je vois arriver mon père, allons le joindre. Lorsque don Inigo s’aperçut que le temps affaiblissait un peu mon affliction, et que le calme rentrait dans mon ame, il crut le moment favorable pour me confier les vues qu’il avait sur moi. Un matin de très-bonne heure, il entra dans ma chambre, et me dit: Le temps est charmant, l’air retentit du chant des oiseaux, le parfum des fleurs, des végétaux embaume l’air, le printemps a presque toute sa parure: allons prendre le chocolat au milieu de la petite prairie, dont la verdure naissante est si douce à l’œil. Rosalie dort encore; nous déjeûnerons seuls, après quoi nous ferons une petite promenade jusqu’aux bords de la mer. Il me fit cette proposition avec un air mystérieux, qui m’étonna autant qu’il m’intéressa; je lui répondis que j’étais à ses ordres, et nous partîmes. Notre conversation pendant le déjeûné fut laconique, et ne roula que sur des objets peu intéressants. Don Inigo avait un air pensif et circonspect. Quand le chocolat fut pris: allons, dit-il, nous promener jusqu’à la mer, nous n’avons pas deux milles de chemin; je me plais beaucoup, sur ses bords, à jouir de son calme et même de son agitation. Quand j’éprouve ces moments d’ennui et de tristesse, qui trop souvent flétrissent notre ame, et dont nous ignorons la cause, je vais soudain sur le rivage, où l’étendue, le mouvement des eaux, fixant mes regards et ma pensée, dissipent les nuages qui pesaient sur mon cœur. Là je me rappelle ce beau passage du psalmiste. «La mer vit la puissance de l’Éternel, et elle s’enfuit.» Là nous verrons arriver les vaisseaux qui apportent la fortune et la joie aux habitants de Valence; nous admirerons la patience et l’industrie des pêcheurs, qui tendent leurs filets à des animaux innocents, et qui gémissent quand ils les retirent vides de la proie désirée, ou tressaillent d’allégresse si les filets sont pleins. Arrivés sur le rivage, nous nous assîmes sur des rochers; j’observai quelque temps, sans parler, cet immense réservoir, cet abîme profond, incommensurable, qui étonne, attache et épouvante l’imagination; j’y voyais des bateaux s’y promener, des vaisseaux fuyant dans le lointain, des poissons qui, de temps en temps, s’élevaient, s’élançaient sur la surface des eaux; j’admirais ces flots qui s’avançaient en grondant, et venaient expirer à nos pieds. Voilà, dis-je à don Inigo, une perspective qui jette l’ame dans une rêverie profonde. — Oui, lorsqu’on n’y est pas accoutumé; mais les marins regardent la mer avec la même indifférence que les peuples du midi regardent le soleil. L’homme sensible et réfléchi, voit sur ce fougueux élément le champ de bataille où l’avarice et l’ambition viennent se disputer leur proie, et le gouffre qui engloutit une partie de l’espèce humaine: mais je vous ai amené ici, non pour philosopher, mais pour vous parler d’un objet beaucoup plus intéressant. Je me suis aperçu que ma fille avait depuis quelque temps redoublé de dévotion pour Saint Nicolas, et vous saurez que ce saint archevêque est le patron des filles à marier, comme Saint Rémond est celui des femmes enceintes. La fête de Saint Nicolas est célébrée ici avec de grandes cérémonies, par toutes les vierges qui aspirent au mariage: voici sur quoi est fondé ce patronnage. Ce grand saint ressuscita un jour l’amant d’une jeune beauté désespérée de sa mort. Dans une autre occasion, il donna en songe une dot aux filles d’un pauvre gentilhomme. Ma fille, quoique veuve, a pensé que ce saint ne lui refuserait pas sa protection. Hier je l’ai surprise aux pieds de sa statue qu’elle avait couronnée de fleurs: je lui ai demandé le motif de sa dévotion, et si elle avait envie de se remarier. Je n’en serais pas fâchée, m’a-t-elle répondu, si je trouvais un homme honnête, aimable et dont je fusse aimée, et qui aurait voire suffrage. — Cet homme existe-t-il quelque part, l’as-tu démêlé dans la foule? Elle a rougi, baissé les yeux et gardé le silence. Or, cet homme mystérieux quelle n’ose nommer, mon cher chevalier, c’est vous: ma fille entraînée par la reconnaissance, par vos vertus, votre aimable caractère, ne voit le bonheur dans un nouvel hymen qu’avec vous. Si vous pensez de même, si votre cœur répond au sien, je vous offre sa main avec ma fortune; je ne m’informe pas de la vôtre: moins vous en aurez, plus vous serez riche pour moi: je jouis environ de vingt mille livres de rente, vous voyez que nous aurons de quoi subsister tous les trois dans une douce aisance, surtout dans un pays où la fertilité de la terre nous donne ses productions à un prix très-modéré. Je pourrais, en continuant mon commerce, augmenter mon opulence; mais qui désire toujours, ne jouit jamais. La soif de l’or est la maladie des commerçants et des gens d’affaire, ce ne sera jamais la mienne. Ma réponse fut l’expression d’un cœur plein de reconnaissance et de joie. Mais, ajoutai-je, vous savez l’obstacle qui peut s’opposer à mes vœux: ma religion diffère de la vôtre, elle est proscrite dans votre pays: Rosalie, attachée par l’éducation, par le préjugé, et encore plus par son ame imbue de la religion de ses pères, frémira à l’idée d’épouser un calviniste: voilà deux obstacles difficiles à surmonter, l’église et Rosalie. — A l’égard de ma fille, j’espère que l’amour, soutenu de mes conseils, triomphera de sa prévention. Vos vertus, la noblesse de votre ame parlent déjà en votre faveur: je lui répète tous les jours que c’est à Dieu seul à juger les opinions religieuses, et que nous devons tolérer, chérir même l’homme vertueux, quels que soient sa croyance et son culte. Et quant à l’opposition de l’église, il serait temps que toutes les sectes du christianisme, qui ne diffèrent que par quelques opinions peu importantes et quelques rites, vinssent se perdre dans un accord général, et que la religion chrétienne, conservant l’esprit de charité et de sagesse qui l’anime, uniforme, invariable, devînt celle de toute l’Europe. — Même celle des Turcs. — Non; mais je les renverrais en Asie. En attendant que ce projet de réunion, peut-être aussi chimérique que celui de la paix universelle de l’abbé de Saint-Pierre, puisse s’effectuer, je me charge d’obtenir la permission de votre mariage. Le grand-vicaire de notre archevêque est un ecclésiastique sage, éclairé, tolérant, de plus il a de l’amitié pour moi, et j’espère qu’en ma faveur il conciliera la discipline de l’église avec l’intérêt de la société. Maintenant que nous sommes d’accord, je vais rejoindre Rosalie, qui doit avoir quelque inquiétude sur cette longue conférence; je vais la lui révéler, et la préparer adroitement à vous pardonner votre protestantisme. Le temps est doux, le soleil est voilé; allez, en attendant, vous promener dans la huerta (jardin) de Valence: une belle campagne et un beau jour inspirent des rêveries tendres et riantes. Il s’éloigna à ces mots, et moi j’allai rêver à notre entretien, à mon hymen futur et à l’aimable Rosalie, que l’espoir de la posséder me rendait déjà plus chère. Quelle foule de réflexions se succédaient dans ma tête! J’étais si enfoncé dans ma rêverie, que je tombai dans un canal d’arrosage plein d’eau: deux jeunes femmes accoururent à mon secours et m’aidèrent à en sortir, non sans rire de tout leur cœur de ma chute et de ma figure trempée, et dégouttant l’eau comme un dieu marin; je retournai bien vite au logis. Cependant don Inigo parlait à sa fille; dès qu’elle l’aperçut seul, elle lui demanda ce que j’étais devenu. — Oh! lui dit-il, don Luis a bien des choses dans la tête! en ce moment il rêve à toi, à la proposition que je lui ai faite. — Quelle proposition? — De t’épouser. — M’épouser! Et qu’a-t-il répondu? — Mille choses tendres et flatteuses. Il a montré une joie ineffable, et puis tout à coup il est tombé dans la tristesse; après quoi il m’a dit, avec un profond soupir: je tremble de ne pouvoir être heureux, une barrière me ferme le chemin du bonheur. — Est-il possible? Quelle barrière peut s’élever entre nous? n’est-il pas célibataire et maître de sa destinée? — Oui, mais il pense que l’opposition viendra de toi, de tes préventions. — Il se trompe; et s’il m’aime, je crois que je l’aimerai aussi. — Fort bien! Mais si le hasard eût voulu que sa famille fut de race juive, que lui-même professât le judaïsme? — Ah! Jésus! Jésus! Que dites-vous? La chose est impossible! Un jeune homme si aimable, si poli, ne serait pas Chrétien? — N’est-il pas vrai que tu ne l’épouserais pas? — Oh non, je n’en aurais jamais le courage ni la force. Moi, la femme d’un Juif! Non, je n’oserais jamais l’embrasser, j’aimerais mieux mourir. Que je suis malheureuse! Quoi! don Luis, ce brave militaire, n’est qu’un Juif! Comme la physionomie est trompeuse! Quand don Inigo vit la douleur et l’effroi de sa fille à leur apogée, il lui dit, en lui prenant la main: Rassure-toi, ma chère enfant, don Louis n’est pas Hébreu, il est très-bon Chrétien. — Ah! que vous me faites plaisir! j’étouffais! — Mais ce n’est pas un Chrétien de l’Église romaine, il est protestant. A ces mots, Rosalie qui avait frémi de me voir de la race d’Abraham et de Jacob, se trouva trop heureuse que je fusse un enfant de Calvin. Elle demanda si les protestants étaient damnés. — Non, ma fille, je ne le pense pas. Quand ils sont vertueux Dieu leur fait miséricorde. —Ah! je le crois, je l’espère; je serais trop malheureuse en paradis même, si je savais mon époux aux enfers. Mais ne peut-il pas quitter sa fausse religion pour la nôtre? — Un honnête homme n’abjure la religion de ses pères, qu’après une intime conviction de ses erreurs: sa conversion sera ton ouvrage quand tu seras sa femme. — Ah! oui. Je l’aimerai tant, je le prierai tant que peut-être je le convertirai. En quittant sa fille, don Inigo vint me raconter cet entretien et m’annoncer le consentement de cet aimable objet; il me conduisit auprès d’elle; et quand je lui eus témoigné ma joie et ma reconnaissance, elle me demanda si j’avais entièrement oublié la belle Séraphine? — Non; elle demeurera long-temps dans ma mémoire, mais elle n’est plus dans mon cœur. Le reste de la journée s’écoula dans la douce ivresse de la joie; mon hymen s’annonçait sous les plus heureux auspices: la vertu, la tendresse, la reconnaissance en formaient les nœuds, et l’espérance embellissait l’avenir de ses brillantes couleurs.
Le lendemain, don Inigo et moi nous nous rendîmes chez le grand-vicaire pour le consulter sur notre position et le prier d’aplanir les obstacles qui s’opposaient à mon bonheur. — Monsieur, me dit-il, ne pouvez-vous abjurer vos erreurs? abandonner le calvinisme? — Non, monsieur. Quel jugement porteriez-vous d’un homme qui, par amour ou intérêt, renoncerait à la religion de ses pères? Vous penseriez qu’il deviendrait aussi mauvais catholique qu’il était mauvais protestant, et que sans doute il est indiffèrent à tous les cultes. — Et dans lequel éleverez-vous vos enfants? — Nés en Espagne, et d’une mère catholique, environnés de catholiques, je leur laisserai embrasser la religion dominante: dans l’âge de raison, ils seront les maîtres de choisir entre Genève et Rome. Le grand-vicaire satisfait de mes réponses, me demanda deux jours pour consulter quelques théologiens et solliciter la permission de l’archevêque. Les théologiens me furent défavorables; mais le prélat, homme sage, pieux et tolérant, éclairé des lumières de son grand-vicaire, et charmé d’obliger don Inigo, donna sa sanction à mon mariage, avec cette clause que mes enfants seraient élevés dans la religion romaine, et que mes noces ne seraient célébrées qu’à la fin de l’année de la viduité de Rosalie. Je souscrivis sans peine à ces conditions.
L’amour naît au sein de l’espérance, et le plaisir d’être aimé développe son accroissement: je n’avais senti jusqu’alors pour Rosalie, que ce tendre intérêt qu’inspire la jeunesse et la beauté malheureuses; je devins alors amant passionné, et l’amitié brûla des flammes de l’amour. Il est vrai que les aveux ingénus de Rosalie, sa douce joie, ses timides caresses, son embarras touchant nourrissaient dans mon ame ce feu si doux. Elle-même embellissait tous les jours; une sérénité nouvelle, un enjouement paisible respiraient sur son visage, l’animaient, le coloraient; son esprit acquérait de la grâce et de la facilité; et son ame expansive semblait se répandre dans toutes ses actions, dans tous ses discours. Je lui en parlai. Elle me répondit: le bonheur est le soleil du printemps qui ranime la nature et l’embellit. O destinée incompréhensible, qui nous conduit à ton but par les détours d’un labyrinthe obscur!
Ducimur ut nervis alienis mobile lignum.[89]
Aurais-je pu prévoir quand j’étais à Lyria, courant après Séraphine, brûlant d’amour pour elle, que la jeune inconnue avec qui je soupais, à laquelle je donnais des secours, par des sentiments d’humanité et de commisération, était l’épouse que le ciel me réservait, et que d’une situation si triste et si déplorable, naîtrait notre félicité respective! Je me rappelai alors, non sans étonnement, les prédictions des deux Bohémiennes: comme elles nous l’avaient annoncé, l’infortuné don Manuel était mort dans le sein de la religion, purifié par elle et par son repentir; et moi je fesais un mariage riche et flatteur. Alors s’effacèrent entièrement de mon ame les derniers traits de l’image de Séraphine, non que nul souvenir ne me la rappelât, mais il était sans charme et sans intérêt; et celui de Cécile, de cette tendre amie, bien loin de s’affaiblir, ne se présentait à mon esprit que mêlé d’amertume et de regrets.
Mon hymen arrêté, nous convînmes avec don Inigo, que j’irais en France chercher les papiers nécessaires et donner ma démission du service: j’avais payé par deux blessures et six campagnes ma dette à la patrie, et je devais à mon épouse et à moi le reste de mon existence.
Je fixai mon départ au 20 avril, le lendemain de la fête de saint Vincent que l’on voulait me faire voir, et je promis d’être de retour avant le 15 août, pour assister à la fête de l’Assomption, l’une des plus magnifiques de Valence. Pendant mon séjour, je parcourus le manuscrit que mon pauvre ami don Manuel destinait à l’impression. Mais dans tout cet immense recueil, il y avait tout au plus dix à douze pièces de vers que l’on pût lire avec plaisir. Elles avaient cette facilité aimable, ce molle atque facetum qu’Horace trouvait dans Virgile. Ces pièces avaient été travaillées à loisir, la lime y avait passé: dans tout le reste qui avait été improvisé, on trouvait, au lieu d’idées, des mots harmonieux, une infinité de redondances et encore plus de négligences et d’amphigouris, défauts communs aux improvisateurs: ainsi je n’ai pu remplir sa volonté dernière, et vendre son manuscrit pour lui acheter des messes. J’aurais sans doute été assez généreux pour sauver son ame à mes dépens; mais en ma qualité de protestant, la foi me manquait; Rosalie, à qui j’en fis la confidence, suppléa secrètement à mon omission, et le nombre de messes a été célébré.
Le 20 avril amena la fête de saint Vincent. La veille mon cher hôte me conduisit sur la place San-Domingo où l’on avait élevé un théâtre sur lequel parut ce saint, grand comme nature; à ses côtés on voyait des marionnettes, dont les ressorts qui les mouvaient étaient cachés sous les planches; ces figures marchent, font des gestes, et représentent les miracles du saint, au grand contentement, à la grande joie du peuple qui fait retentir la place de cris, de clameurs et des viva san Vicente. C’est tout ce que je trouvai de curieux dans cette fête.