[56] Un poète provençal nommé Arnaud Daniel, le plus célèbre des troubadours, fesait dire des messes pour obtenir les bonnes grâces de sa maîtresse, qui se nommait La belle Bouille.
[57] La plupart des vaisseaux espagnols portent des noms de Saints.
[58] Cette ascension de Mahomet dans le ciel est très-curieuse. Il était couché, dit-il, lorsque l’ange Gabriel l’éveilla et lui ordonna de monter la jument El-Borack, qui était d’un gris argenté, et vite comme l’éclair. D’abord il alla, avec l’ange Gabriel, au temple de Jérusalem, où Moïse, Abraham et Jésus, firent la prière avec lui; de là ils montèrent rapidement au premier ciel. Gabriel frappe à la porte; on demande qui est là? — Gabriel. — Quel est ton compagnon? — Mahomet. — A-t-il reçu sa mission? — Oui. — Qu’il soit le bienvenu! Alors la porte s’ouvrit. Voilà ton père Adam, me dit Gabriel; je le saluai; il me rendit le salut, et m’appela le plus grand des prophètes. De là Gabriel et Mahomet volèrent au second ciel. On leur fit les mêmes questions, et ils saluèrent Jésus et Jean, qui leur rendirent le salut. Ainsi, toujours monté sur sa jument, il visita toutes les sphères célestes; au troisième ciel, il fut complimenté par Joseph; au quatrième par Hénoc; au cinquième par Aaron; au sixième par Moïse; au septième par Abraham. De là Mahomet pénétra jusqu’au Lotos, qui termine le jardin des Délices. Ce Lotos est un arbre si immense, qu’un seul de ses fruits nourrirait pendant un jour toutes les créatures. Du pied de cet arbre sortent quatre fleuves immenses. Après avoir parcouru ce jardin de Délices, Mahomet alla visiter la Maison de l’Adoration, où les esprits célestes vont en pélerinage; soixante-dix mille anges y rendent tous les jours leur hommage à l’Éternel. Les mêmes anges n’y entrent jamais deux fois. Ce temple construit d’hyacintes rouges, est entouré d’une multitude de lampes qui brûlent continuellement. Après que Mahomet eut fait sa prière, on lui présenta trois coupes remplies, l’une de vin, l’autre de lait, la troisième de miel. Il préféra celle de lait, et Gabriel lui en fit compliment, et lui dit que c’était d’un heureux présage pour sa nation. Lorsqu’il eut traversé la vaste étendue des cieux, il s’approcha du trône de Dieu qui lui ordonna de faire la prière cinquante fois par jour. Par le conseil de Moïse, il retourna vers Dieu qui réduisit la prière à cinq fois par jour.
[59] Ce mot anglais est tiré de notre ancien idiome, qui nommait humeur cet enjouement, cette vivacité d’esprit, féconde en saillies, en plaisanteries fines et ingénieuses.
[60] Les uns prennent pour leur fétiche ou leur dieu, un os de volaille, d’autres un poisson, un caillou; ils logent ces fétiches dans leurs cabanes ou dans leurs canots; ils révèrent surtout un serpent fétiche d’un caractère fort doux.
[61] Louis XI priait sa vierge de détourner les yeux quand il commettait quelque mauvaise action.
[62] Dans les sermons de la Passion du quatorzième au quinzième siècle, en France, en Italie, ainsi qu’en Espagne, le prédicateur se mettait une corde au cou, et le peuple en fesait autant, criant miséricorde à grands cris redoublés; ensuite le prédicateur demandait pardon pour le peuple, et la Gloire éternelle.
[63] Ce moine bénédictin présenta au duc une pêche qu’il partagea avec la dame de Montsoreau, sa maîtresse; tous deux en moururent.
Ce crime de Louis XI fut découvert par lui-même, selon Brantôme. Ce roi fesant un jour ses prières et ses oraisons à Cléry, devant Notre-Dame, qu’il appelait sa bonne patronne, se croyant seul, lui disait: «Ah! ma bonne dame, ma petite maîtresse, ma grande amie, je te prie de supplier Dieu pour moi; qu’il me pardonne la mort de mon frère que j’ai fait empoisonner par ce méchant abbé de Saint-Jean-d’Angely; je m’en confesse à toi, comme ma bonne patronne et ma maîtresse; mais aussi mon frère ne fesait que troubler mon royaume. Fais-moi donc pardonner, ma bonne dame, et je sais ce que je te donnerai.» Ce beau discours fut entendu et répété par le fou du roi, qui était dans l’église et qu’il ne voyait pas.
[64] Pope, le prôneur de l’Optimisme, était contrefait, presque toujours malade; il était morose, inquiet, à charge à lui-même, et fut persécuté par ses ennemis jusqu’à sa mort.