Espadronner. Dites, espadonner.
Espression. On dénature ce mot et beaucoup d'autres, en changeant l'x en s; dites, expression, exprimer, excuse, extravagant.
Esquilancie. Maladie du gosier, qui fatigue souvent au point qu'on ne peut ni respirer, ni avaler: il a un dangereux esquilancie. Il y a double faute dans cette façon de s'exprimer; 1.o, ce nom est du genre féminin; 2.o, il faut dire, esquinancie, et non pas esquilancie: une dangereuse esquinancie. Presque tous les mots terminés en ie sont féminins, à l'exception de génie, incendie, messie.
Estomac, s. m. On appelle ainsi, dans le corps animal, la partie qui reçoit les alimens. Il ne faut pas prononcer le c, comme font les Genevois.
Et. Beaucoup de personnes ne savent point distinguer la conjonction et du verbe est; celui-ci prend ou peut prendre devant lui le pronom personnel il ou elle, et non pas l'autre; d'ailleurs, la conjonction a presque le son de l'e fermé, et le verbe a celui de l'e ouvert.
Étant. Ce verbe, comme l'auxiliaire avoir, n'a point de gérondif, et n'est jamais précédé de la préposition en.
Éteinte de voix. Dites, extinction de voix.
Étirer le linge. Ce mot ne se dit que des métaux qu'on étend sous le marteau; dites, détirer du linge. Ne dites pas, étiré à quatre épingles, mais tiré à quatre épingles, en parlant d'une personne ajustée avec affectation et recherche.
Étisie. Maigreur, consomption; dites, tisie, et écrivez phtisie. On dit cependant, étique, aussi bien que phtisique.
Être. Ce mot est souvent pris pour aller, c'est une faute. Le verbe être marque le repos ou l'existence, et le verbe aller marque le mouvement; or, ces deux mots, qui ont une signification si contraire, ne sauraient être pris indifféremment l'un pour l'autre; on ne dira donc pas, il fut au spectacle, pour dire, il y alla; on pourra bien dire qu'il a été à Paris, pour dire qu'il y a demeuré, mais non pour marquer l'action de s'y transporter.