Messelier. Celui qui garde les récoltes; dites, messier, s. m.
Messi. Expression de remercîment; dites, merci: merci, Monsieur.
Midi. Il est midi précise. Cette expression renferme un solécisme. Le mot midi est masculin; dites, il est midi précis.
Mieux. Il a mieux de cent mille livres de rentes. Jamais l'adverbe mieux ne s'emploie pour plus; dites donc, il a plus de cent mille livres de rentes. Mieux exprime la manière, et plus la quantité; ne dites pas: il aime mieux sa fille que son fils; mais dites: il aime plus.
Mignotise. Espece de petit œillet; dites, mignardise, s. f.
Mite. Gants de femme qui n'ont que le pouce; dites, mitaines, s. f.: il m'a donné de jolies mitaines.
Mœurs. Ne prononcez pas l's, à moins que ce mot qui n'a point de singulier, ne soit suivi d'un autre qui commence par une voyelle.
Moi. Ce pronom de la premiere personne, et les autres, occasionnent des erreurs dans la place qu'on leur fait occuper: donnez-moi-le, donnez-lui-le, sont des fautes communes; il faut savoir, pour les éviter, que le régime direct exprimé par le, la, les, etc., se place toujours avant le régime indirect; dites, donnez-le-moi; donnez-le-lui. On tombe encore dans une faute à l'égard du pronom personnel; on dit, menez-m'y, pour dire, menez-y-moi, ou mieux, il faut m'y mener, et jamais, menez-moi-zy. Venez-moi voir est encore une expression très-usitée, et qui n'est pas correcte. Quand ce pronom régime est avant le verbe, il faut employer me au lieu de moi; dites, venez me voir; venez me parler, et non pas venez-moi parler.
Moine. Jouet d'enfant, qu'on fait tourner à coups de fouet; dites, sabot, s. m.: faire aller son sabot.
Monter. Il a monté; dites, il est monté; ces deux expressions sont exactes, mais ne se disent pas indifféremment. Le verbe avoir marque l'action, et le verbe être l'existence ou le repos; si donc vous voulez n'avoir égard qu'à l'état, sans considérer l'action du sujet qui l'a faite, dites, il est monté. Dans ces deux questions: la procession est-elle passée? la procession a-t-elle passé? la seconde differe de l'autre, en ce que, dans la premiere, je ne fais attention qu'à l'action, qui a pu être faite ou non: a-t-elle passé aujourd'hui? et non, est-elle passée aujourd'hui?