[39] On n'a pu avoir l'intention de plaisanter des sciences qu'il admirait, et qu'il ne possédait pas. Sans doute il désirait seulement que les vastes progrès modernes ne portassent pas si inconsidérément les demi-savants à mépriser l'Antiquité, à rire de ses conceptions profondes.

[40] Dans toutes les sectes, les disciples, ou beaucoup d'entre les disciples sont moins grands hommes que leur maître. Ils défigurent sa pensée, surtout quand le fanatisme superstitieux, ou l'ambition d'innover se joignent aux erreurs de l'esprit.

Pythagore, ainsi que Jésus, n'a pas écrit (du moins les écrits de Pythagore, perdus maintenant, paraissent n'avoir pas été bien reconnus des Anciens eux-mêmes): les successeurs, ou prétendus tels, de l'un et de l'autre, ont montré qu'ils sentaient tout l'avantage de cette circonstance.

Considérons un moment le nombre comme Pythagore paraît l'avoir entendu.

Si depuis un lieu élevé et qui domine une vaste étendue, on discerne dans la plaine, entre les hautes forêts, quelques-uns de ces êtres qui se soutiennent debout; si l'on vient à se rappeler que les forêts sont abattues, que les fleuves sont dirigés, que les pyramides sont élevées, que la terre est changée par eux, on éprouve de l'étonnement. Le temps est leur grand moyen; le temps est une série de nombres. Ce sont les nombres rassemblés ou successifs, qui font tous les phénomènes, les vicissitudes, les combinaisons, toutes les œuvres individuelles de l'univers. La force, l'organisation, l'espace, l'ordre, la durée ne sont rien sans les nombres. Tous les moyens de la nature sont une suite des propriétés des nombres; la réunion de ces moyens est la nature elle-même; cette harmonie sans bornes est le principe infini par lequel tout ce qui existe existe ainsi: et le génie de Pythagore vaut bien les esprits qui ne l'entendent pas.

Pythagore paraît avoir dit que tout était fait selon les propriétés des nombres, mais non par leur vertu.

Voyez dans De mysteriis numerorum par Bungo, ce que Porphyre, Nicomaque, etc., ont dit sur les nombres.

Voyez Lois de Pythagore 2036, 2038, etc., dans Voyages de Pythagore. On peut remarquer en parcourant ce volume de l'ancienne sagesse, ces trois mille cinq cents sentences dites Lois de Pythagore, combien il y est peu question des nombres.

[41] Apparemment cette époque est antérieure aux dernières d'entre les découvertes modernes: au reste neuf est comme sept, un nombre sacré.

[42] Comme il en fallait sept, et qu'il était impossible de ne pas admettre le platine, on rejetait le mercure, qui semble avoir un caractère particulier, et différer des autres métaux par diverses propriétés, entre autres, par celle de rester dans un état de fusion, même à un degré de froid que l'on a cru longtemps passer le froid naturel de notre âge. Malheureusement la chimie moderne reconnaît un plus grand nombre de métaux; mais il est probable alors qu'il y en aura quarante-neuf, ce qui revient au même.