[La cinquième et dernière scène est remplie par le chœur qui chante ses plaintes et sa confiance en Dieu.]
Une Israélite seule. Pleurons et gémissons, mes fidèles compagnes;
À nos sanglots donnons un libre cours;
Levons les yeux vers les saintes montagnes
D'où l'innocence attend tout son secours.
Ô mortelles alarmes!
Tout Israël périt. Pleurez, mes tristes yeux:
Il ne fut jamais sous les cieux
Un si juste sujet de larmes.
Quel carnage de toutes parts!
On égorge à la fois les enfants, les vieillards,
Et la sœur et le frère,
Et la fille et la mère,
Le fils dans les bras de son père!
Que de corps entassés! Que de membres épars,
Privés de sépulture!
Grand Dieu! tes saints sont la pâture
Des tigres et des léopards.
Une des plus jeunes Israélites. Hélas! si jeune encore,
Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?
Ma vie à peine a commencé d'éclore:
Je tomberai comme une fleur
Qui n'a vu qu'une aurore.
Hélas! si jeune encore,
Par quel crime ai-je pu mériter mon malheur?
Une autre. Des offenses d'autrui malheureuses victimes,
Que nous servent, hélas! ces regrets superflus?
Nos pères ont péché, nos pères ne sont plus,
Et nous portons la peine de leurs crimes.
Tout le chœur. Le dieu que nous servons est le dieu des combats:
Non, non, il ne souffrira pas
Qu'on égorge ainsi l'innocence.
Une Israélite, seule. Hé quoi! dirait l'impiété,
Où donc est-il ce dieu si redouté
Dont Israël nous vantait la puissance?
Une autre. Ce dieu jaloux, ce dieu victorieux,
Frémissez, peuples de la terre,
Ce dieu jaloux, ce dieu victorieux
Est le seul qui commande aux cieux:
Ni les éclairs ni le tonnerre
N'obéissent point à vos dieux.
Une autre. Il renverse l'audacieux.
Une autre. Il prend l'humble sous sa défense.