Tout le chœur. Le dieu que nous servons est le dieu des combats:
Non, non, il ne souffrira pas
Qu'on égorge ainsi l'innocence.

Deux Israélites. Ô Dieu, que la gloire couronne,
Dieu, que la lumière environne,
Qui voles sur l'aile des vents,
Et dont le trône est porté par les anges!

Deux autres des plus jeunes. Dieu qui veux bien que de simples enfants
Avec eux chantent tes louanges!

Tout le chœur. Tu vois nos pressants dangers:
Donne à ton nom la victoire;
Ne souffre point que ta gloire
Passe à des dieux étrangers.

Une Israélite, seule. Arme-toi, viens nous défendre.
Descends tel qu'autrefois la mer te vit descendre;
Que les méchants apprennent aujourd'hui
A craindre ta colère:
Qu'ils soient comme la poudre et la paille légère
Que le vent chasse devant lui.

Tout le chœur. Tu vois nos pressants dangers:
Donne à ton nom la victoire;
Ne souffre point que ta gloire
Passe à des dieux étrangers.

ACTE DEUXIÈME.

(Le théâtre représente la chambre où est le trône d'Assuérus.)

[Hydaspe, officier du palais d'Assuérus, informe Aman que le roi a été réveillé la nuit passée par quelque songe effrayant, et, ne pouvant plus se rendormir, s'est fait apporter et lire]

Ces annales célèbres
Où les faits de son règne, avec soin amassés,
Par de fidèles mains chaque jour sont tracés;
On y conserve écrits le service et l'offense,
Monuments éternels d'amour et de vengeance.