—Ah! c'est ainsi! Eh bien! pas plus tard que tout de suite, je vais aller annoncer notre mariage à mon oncle, en lui donnant cet avis qu'il flûtera à vouloir s'y opposer.

—Rappelle-toi le conseil de M. Cabillaud... Ton oncle, dans l'état où l'a mis son domestique Pietro, ne se soucie peut-être pas de ta visite. Tu vas le prendre dans un mauvais moment. A sa peau de tigre, il joint probablement l'humeur de cet animal.

—Bah! bah! qui sait si mon oncle n'est pas de la nature des côtelettes qui s'attendrissent après avoir été battues? répondit le jeune homme en riant.

Il tendit la main à La Godaille qu'il croyait disposé à rester avec Henriette jusqu'à son retour. Mais ce dernier s'empressa de dire:

—Je vous accompagne. Pendant que vous entrerez chez M. Fraimoulu, je monterai à l'étage au-dessus faire ma visite à M. Grandvivier.

Et les deux jeunes gens partirent.

Arrivés à destination, c'est-à-dire au moment où, sur le palier de son oncle, Gontran allait se séparer de La Godaille qui avait encore un étage à monter, un souvenir revint au neveu de Fraimoulu en pensant à ce nom de Cydalise que portait la cuisinière du magistrat.

—Regardez donc bien le cordon bleu de M. Grandvivier, conseilla-t-il à Frédéric Bazart.

—Ah! oui, fit ce dernier; qui s'appelle aussi Cydalise comme la saltimbanque? Vous me l'avez déjà dit en me demandant si les deux, par hasard, n'en feraient pas qu'une... A quoi je vous ai répondu que la cuisinière est brune, tandis que l'autre, la Fille du Soleil, était d'un roux ardent.

—Une perruque ou une teinture ne peuvent-elles pas métamorphoser une brune en rousse? Examinez toujours avec attention, insista Gontran.