—Voici de quoi vous boucher l'autre oeil.
Elle se lança aux trousses de la Belle-Flamande qu'à sa sortie de la masure, elle aperçut marchant à une centaine de mètres devant elle.
—A suivre la jument, je finirai par trouver le poulain... ne fût-ce que quand il viendra chercher l'avoine en question, pensa la cuisinière.
En conséquence, elle emboîta la piste de l'ex-reine des foires du Nord, qui s'en allait de son pas lourd et traînant.
La Belle-Flamande, sans se douter qu'elle était suivie, gagna les boulevards qu'elle se mit à suivre en vraie flâneuse. Elle s'arrêtait aux devantures de boutiques, examinant les montres de lingerie, de bijoux, de nouveautés.
Un moment, devant le magasin d'un miroitier, elle se posa en face d'une glace de l'étalage, et se mit à rajuster le noeud de ses brides de chapeau.
—Hue donc! vieille coquette! gronda Héloïse impatiente, attendant à vingt pas qu'il plût à l'autre de reprendre sa marche.
La Belle-Flamande continua son chemin jusqu'au boulevard Saint-Martin où, sur la droite, elle entra dans une maison de belle apparence.
—C'est là qu'elle demeure? Attendons un peu qu'elle soit remontée chez elle avant que j'aille faire bavarder son concierge, pensa Héloïse.
Elle était là depuis cinq minutes, quand, de la maison, sortirent deux hommes, porteurs de fardeaux dont l'un, en passant à côté de la cuisinière, dit à l'autre: