—Oui, je m'en suis fourré jusque-là.
—Peut-on savoir quel est ce plat? demanda Gontran.
—Des haricots au lard... Hein! c'est bien simple, n'est-ce pas? mais ça m'a suffi pour la juger.
Voulant toujours inviter à la prudence, Gontran secoua la tête en disant:
—C'est juger bien vite! J'en suis pour ce que j'ai avancé tout à l'heure; j'attendrais encore.
Cette méfiance de son neveu froissa Fraimoulu, qui prononça d'un ton sec:
—J'ai une proposition à te faire, monsieur Saint-Thomas. Voici bientôt six heures. Reste à dîner. Tu apprécieras par toi-même.
Ensuite, en appuyant:
—Et je suis de bonne foi en t'offrant l'épreuve, car, pas plus que toi, je ne sais ce que Pétronille nous réserve pour dîner... Afin de mieux asseoir mon jugement, je suis décidé, pendant plusieurs jours, à lui laisser, comme je te le disais, la bride sur le cou... Voyons, acceptes-tu?
Gontran pensa qu'il obtiendrait plus facilement de la bouche de son oncle, quand elle serait pleine, le «Oui» à son mariage, qu'il venait chercher.