Tout clopin clopant, avec des «hem!» douloureux, il quitta la cuisine.
L'aide de Fraimoulu n'était pas, après tout, bien nécessaire à Gontran, vigoureux garçon, qui eut vite fait d'enlever Cydalise.
—Une belle fille tout de même, pensa-t-il en examinant la cuisinière, après l'avoir assise sur une chaise.
Puis, comme il voulait lui mouiller le front d'eau fraîche, il retira le bonnet de linge dont était coiffée le cordon bleu.
—Oh! oh! fit-il en fixant un oeil surpris sur la chevelure ainsi mise à découvert.
Un secret de toilette venait de se révéler à lui. La brune Cydalise empruntait à la teinture le noir de sa magnifique chevelure. La preuve en était dans la nuance rouge qui pointait à chaque racine de cheveu. Dame Nature, en créant cette fille, l'avait rangée dans la catégorie des rousses.
—Ah ça! mais c'est la Fille du Soleil, la Cydalise du récit de la Godaille! Eh! je n'avais pas tort en demandant si, par hasard, les deux Cydalise n'en feraient pas qu'une, pensa le jeune homme au souvenir de l'histoire de Frédéric Bazart.
Alors, en se rappelant ensuite qui s'était séparé de La Godaille, sur le carré, au moment où ce dernier allait monter chez M. Grandvivier, il se demanda:
—Est-ce que mon conseil à La Godaille, qui s'en tenait à la nuance des cheveux, de bien examiner la Cydalise du magistrat, aurait produit son effet?... Ne se peut-il pas que mon nouvel ami soit la cause, tout à la fois, de la terreur du cordon bleu et du vacarme qui, tout à l'heure, retentissait chez M. Grandvivier?
Tout en réfléchissant ainsi, Gontran, de ses doigts trempés dans un bol rempli à la fontaine, avait cinglé des gouttes d'eau à la figure de Cydalise. Un léger frémissement de la femme évanouie annonça qu'elle ne tarderait pas à retrouver connaissance.