—Je suis aveugle! je suis aveugle!

En trois bonds, Gontran fut dans la cuisine.

Devant la porte de l'office, maintenant grande ouverte, se roulait à terre Hilarion criant de plus belle:

—Je suis aveugle!

En relevant le valet pour le faire asseoir, Gontran lui regarda le visage. Autour des yeux d'Hilarion s'étalaient des plaques d'une poudre dont le jeune homme reconnut aussitôt la nature.

C'était du poivre!!!

—Que vous est-il donc arrivé? demanda-t-il au pauvre diable.

—J'ai poussé la porte qui a cédé tout à coup et, comme j'entrais dans l'office, qui est sombre, je me suis senti atteint aux yeux d'une si effroyable douleur que j'en suis tombé de mon haut, bégaya le valet.

Tout en bassinant d'eau les yeux de l'infortuné, Gontran crut avoir deviné la vérité.

—Celui qui vient de s'échapper de l'office en jetant du poivre aux yeux d'Hilarion est l'homme qui avait refermé la porte derrière Cydalise évanouie. En m'entendant accourir au secours de la cuisinière, il s'était caché dans l'office.