—C'est-à-dire que s'il lui commandait de s'asseoir sur un paratonnerre, v'lan, elle ne ferait ni une, ni deux! Sur un ordre de lui, elle monterait à l'échafaud.

—Tu vois bien! lâchai-je alors.

Elle me regarda sans comprendre.

—Qu'est-ce que je vois?

—Que te disais-je à propos de la bonne condamnée à cinq ans? Que la malheureuse avait peut-être obéi à une influence irrésistible... A la place de cette bonne, suppose ton Héloïse. Crois-tu que, pour le même cas, elle aurait résisté à son Gustave?

Cydalise réfléchit un peu, puis, en branlant la tête, lâcha cet aveu:

—Ma foi! pour être franche, je reconnais qu'Héloïse n'aurait pas reculé.

A cette réponse, je poussai un soupir mélancolique.

—On est heureux d'être aimé de la sorte! murmurai-je de façon à être entendu.

Cydalise se redressa, pâle, ses yeux étincelants tout à la fois d'amour et de courroux.