Après cette lecture, et en pensant à Héloïse si complètement envoûtée par le docteur, je ne sais comment j'arrivai à me dire:
—Si j'abrutissais ainsi Cydalise?
Puis, aussitôt, je me répondis:
—A quoi bon?
A cet «à quoi bon!» ma pensée m'offrit l'exemple à suivre de ce docteur Cabillaud qui voulait faire fortune. Mais, lui, il avait un Ducanif à dépouiller, tandis que moi...
Et, pendant que je cherchais de quel côté s'offrait cette fortune à conquérir, la pensée de mademoiselle Grandvivier et de ses millions vint, pour la troisième fois, se retracer dans mon souvenir.
Pour secouer cette obsession, je me levai et je me mis à chercher dans la chambre la cachette qui mettrait l'écrit d'Héloïse à l'abri de la main de la fureteuse Cydalise. Je la connaissais femme à mettre en pratique les conseils qu'elle donnait aux autres et je me rappelais cet expédient proposé par elle à Héloïse:
—On écrit toujours et, la nuit, on trouve à chiper le billet dans une poche de vêtement.
Je glissai la lettre d'Héloïse derrière le morceau de glace cloué à la muraille qui nous servait de miroir et, comme pièce pouvant servir à une comparaison d'écriture, j'y joignis le court billet par lequel, la veille, Héloïse avait annoncé la place qu'elle avait trouvée pour son amie.
L'idée me vint de dépister la curiosité de Cydalise.