—Après ces deux fenêtres du cabinet de M. Grandvivier, les deux suivantes, à gauche, éclairent sa chambre à coucher. Tout à proximité, mais donnant sur la cour, est la chambre d'Augustin, le valet de chambre qui fait pendant à celle, aussi sur la cour, de la femme de chambre de la chipie. L'appartement de la donzelle comprend les quatre autres fenêtres à droite. Il y a deux sorties, l'une sur un couloir de dégagement, du côté du père, l'autre sur le grand escalier. Ils sont tous nichés les uns sur les autres.

—Bien! Et toi?...

—Moi! je perche dans le petit bâtiment en retour... Tu vois la fenêtre d'ici. Ma chambre ouvre sur le carré du grand escalier.

—Mais, m'as-tu dit, c'est aussi sur ce grand escalier que débouche une des deux sorties de l'appartement de la demoiselle. Ne pourra-t-elle entendre si je te fais mes visites nocturnes?

—Pas mèche, mon chéri. Sa chambre à coucher est séparée du carré par un petit boudoir.

Sur ce, Cydalise, jugeant mon instruction terminée, partit en me disant:

—A ce soir, sauteur de mur! Pour cette première fois, je descendrai t'attendre dans le jardin.

Franchir le mur assez bas qui séparait notre maison du jardin n'était qu'un jeu pour moi.

Il était environ onze heures quand j'exécutai mon escalade. A peine touchais-je terre que, de l'ombre d'un haut massif de lilas, je vis sortir Cydalise qui me prit la main en disant tout bas:

—Un cabri n'aurait pas mieux sauté... Laisse-moi te conduire, et quand nous arriverons au grand escalier, marche comme sur des oeufs, car la pincée n'est pas encore endormie.