Mais il n'en avait pas été de même d'Héloïse, dont Gustave était l'amant. Jalousie, d'une part; crainte d'un malheur, de l'autre; elle avait obtenu de Ducanif qu'il l'envoyât s'informer chez Cabillaud père si le disparu était revenu ou avait donné de ses nouvelles.

—Est-ce un mauvais tour du Walhofer? Lui seul peut avoir fait disparaître Gustave, se disait-elle, la face contractée, en marchant d'un pas pressé.

Chez Cabillaud père, qui n'était pas encore revenu de ses recherches, elle n'avait trouvé que Clarisse, le cordon bleu du docteur, qui, craintive au sujet de cette absence prolongée de son jeune maître, n'avait pu lui donner que ce seul renseignement:

—Ce n'est pas à tort que le père s'effraye. Pas plus tard qu'hier, M. Gustave lui a dit que s'il ne rentrait pas un beau jour, ce serait qu'il lui serait arrivé un malheur.

Là-dessus Héloïse était repartie, retournant droit chez Ducanif et se répétant:

—C'est du Walhofer que nous vient ce coup de Jarnac. J'en suis certaine!

Arrivée à la maison de Ducanif, au lieu de monter chez son maître, elle s'était arrêtée à l'étage au-dessous, où logeait M. de Walhofer, et avait sonné à la porte du baron.

Comme il n'avait pas été répondu à plusieurs coups de sonnette successifs, Héloïse redescendit chez le concierge, se disant envoyée par Ducanif à son ami M. de Walhofer.

—M. le baron est parti ce matin en m'annonçant, suivant son habitude, qu'il s'absentait pour quelques jours, déclara le concierge.

—Savez-vous où il est allé?