Quand, le lendemain de la nuit où il avait suivi Gustave, le Tombeur-des-Crânes, muni d'une trousse d'outils, était revenu, seul, pour visiter la maison en plus ample détail, son premier soin avait été d'ajuster de vieilles clés, apportées par lui, aux diverses serrures de la cassine. Il s'était ainsi ménagé une entrée pour l'heure où il aurait à surprendre ses ennemis. Afin d'avoir ce trousseau de clés sous la main au moment opportun, il l'avait caché sous une pierre, déchaussée par le temps, de la margelle du puits.

Donc il marcha droit au puits pour retirer son dépôt. Comme il se penchait sur la margelle, la fraîcheur de l'eau qui monta jusqu'à lui lui rappela sa soif.

—Ouf! fit-il, je boirais bien un coup!

Mais il avait plus pressé. Ce coup, il le boirait, tout à l'heure, à fêter son triomphe et, alors, il lui serait vingt fois plus agréable.

Bien lui en avait pris de se munir de clés, car il trouva la porte d'entrée intérieurement fermée. Après avoir bien silencieusement fait jouer la serrure, il pénétra dans le couloir desservant les pièces latérales et conduisant, à son extrémité, à l'escalier de la cave.

Alors, de sa poche où, en vue de faire face aux situations périlleuses et inattendues qui pouvaient résulter de son existence de coquin, il le tenait perpétuellement à poste fixe, il tira un long couteau qu'il ouvrit.

Puis, la lame au poing, il écouta.

Nul bruit ne se fit entendre.

Ce silence l'alarma. Le coup était-il déjà fait? Dans leur précipitation à fuir, après le crime, Gustave et Héloïse étaient-ils partis en oubliant d'éteindre les lumières?

Bien doucement, il poussa la porte de la première chambre de gauche.