—Oh! oh! se dit-il, voici qui tombe à pic pour moi.
Sur une table, qui portait une bougie, se voyaient trois verres, une carafe et une bouteille de sirop de groseille entamée. Cabillaud, Héloïse et leur victime avaient dû se rafraîchir, car deux des trois verres, à demi vides de leur contenu, témoignaient que deux personnes y avaient porté leurs lèvres. Quant au troisième verre, encore rempli à bord, il attendait toujours son buveur.
La main avide du Tombeur-des-Crânes altéré se porta vers ce verre. Il l'avait déjà approché de ses lèvres quand, soudain, il s'arrêta:
—Eh! eh! minute! fit-il. Si c'était de la mort-aux-rats! Méfions-nous! Le sage l'a dit: «Dans le doute, abstiens-toi.»
Malgré la soif qui le torturait, il remit le verre sur la table.
Mais, en le posant, un spectacle sinistre attira son regard. De l'autre côté de la table, gisait, étendu sur le carreau, tout raide et immobile, le corps de ce pauvre Ducanif.
—Tiens! ils l'ont expédié! se dit-il sans la plus mince pitié.
Et cette découverte lui fit aussitôt deviner ce qu'étaient devenus le docteur et Héloïse.
—Si le cadavre de Ducanif n'a pas encore disparu, pensa-t-il, c'est qu'ils sont dans la cave, en train de déboucher l'ouverture du caveau.
Alors, serrant plus fort son couteau en sa main, il ajouta avec un mauvais sourire: