—Eh bien! docteur, fit-il, ça s'est-il bien passé?... Est-ce une fille ou un garçon?
—Trois garçons! cria Walhofer du fond du fiacre.
—Mazette! Pas fainéante la dame!!! articula le cocher d'un ton approbateur en lançant à sa bête le coup de fouet du départ.
Le fiacre était parti depuis vingt minutes quand, à son tour, arriva Gustave. Pestant et jurant, il lui fallut, avec l'espoir qu'il rencontrerait un autre véhicule sur sa route, regagner Paris à pied. Ce fut seulement au bout d'une grosse demi-heure, en atteignant la barrière, qu'il trouva une voiture pour se faire ramener dans le coeur de Paris, car il se fit descendre place de la Bourse au moment où l'horloge tintait quatre coups.
En route, il s'était dit que, pour n'avoir pas à justifier de ces quatre heures, il fallait inventer un emploi de sa nuit entière. Le souvenir lui revint que, cette nuit même, chez un de ses amis, se donnait une partie monstre de baccarat que devait terminer un déjeuner pantagruélique.
Dix minutes plus tard, Gustave, après s'être encore servi, pour expliquer son arrivée tardive de son mensonge d'un accouchement, s'asseyait devant la table de jeu.
On le voit, il n'avait donc pas positivement menti en disant à Ducanif, quand il reparut chez ce dernier, qu'il revenait d'un déjeuner donné par un ami, à la suite d'une partie de baccarat.
Il était donc enchanté de son expédition, ce brave Gustave... Il la croyait parfaitement ignorée de tous. Peut-être sa satisfaction se fût-elle amoindrie de beaucoup s'il avait connu les faits et gestes du baron pendant que lui avait le verre en main à ce déjeuner qui s'était terminé à midi.
Grâce au fiacre qui l'avait ramené, Walhofer, à trois heures du matin, était dans son lit où il avait dormi jusqu'à neuf heures. A ce moment, il avait quitté son domicile en se disant:
—A mon tour d'aller à Billancourt.