Pourquoi retournait-il à la masure? Qu'y avait-il fait quand, au bout de trois heures, il reparut en disant à son concierge, auquel il avait annoncé son départ pour ses terres, qu'il avait manqué le train de Bruxelles?

Sans rien savoir de l'emploi de cette nuit, dont Gustave avait refusé de lui rendre compte, Héloïse, sachant le départ matinal et le retour du baron, était donc, à propos de cette absence de trois heures, parfaitement dans la vérité quand, sous l'empire d'un pressentiment, elle avait répété à son amant:

—Méfie-toi!!!

Voilà donc qu'elle avait été la cause de l'absence de Gustave, absence dont s'était tant alarmé Cabillaud père, qu'il avait couru à la ronde, en quête de nouvelles de son fils, chez tous ceux qui, la veille, avaient été les convives de M. Grandvivier.

Personne, on le comprend, n'avait pu renseigner le père, que nous avons vu terminer sa tournée par Gontran chez lequel il était arrivé pour interrompre l'histoire du chien, dite par la Godaille, et retarder le déjeuner que le jeune architecte allait offrir à son conteur.

III

Sitôt que Gontran avait pu se débarrasser de Cabillaud père, la blonde Henriette et La Godaille, que cette visite retenait prisonniers dans la cuisine, avaient fait leur apparition dans la salle à manger, chacun son plat à la main.

—A table! avait crié joyeusement la jeune femme.

Et, à belles dents, les jeunes gens avaient réparé le temps perdu. Bien gai avait été ce repas où, d'un tacite et commun accord, il n'avait été soufflé mot de ce passé, où figurait Henriette, dont La Godaille avait entamé le récit.

L'aventure de l'oncle Fraimoulu, roué de coups par son domestique, fit les frais de la conversation.