—Oui, répéta-t-il, il va faire un malheur.
Et il me mit le fusil dans la main en ajoutant cette phrase singulière:
—Il faut prévenir ce malheur.
Quoi! mon oncle croyait la vie de Vernot en péril et, pour conjurer une catastrophe, pour empêcher un meurtre, il me fournissait un moyen de tuer! Mon intelligence battait la breloque sans rien comprendre.
Il continua:
—Les deux canons sont chargés... Tu vas courir à la maison de Vernot. Tu te mettras à l'affût pour voir arriver le jeune homme. S'il entre, tu laisseras la dispute s'engager... Alors tu te présenteras comme pour soutenir le brigadier.
—Bon! fis-je; mais pourquoi le fusil?
—Pour tirer.
—Sur qui? Sur Alfred attaquant Vernot?
—Non.