—Ce sont ces détails, que je n'ai pas voulu entendre d'Henriette, que je suis curieux d'apprendre par vous.
—Soit donc! dit La Godaille consentant enfin.
Et, tout aussitôt, reprenant son histoire à l'endroit voulu:
—Dès que le Tombeur-des-Crânes eut disparu, je pénétrai dans la maisonnette dont, je vous l'ai dit, je refermai la porte derrière moi. Elle était bien petite, cette demeure du brigadier! Une seule salle en occupait tout le rez-de-chaussée. A l'étage au-dessus, deux chambres... l'une occupée par Henriette... l'autre, un peu plus grande, où couchait le père. Chaque soir, Carambol dressait son lit au rez-de-chaussée.
Quand j'entrai dans la salle d'en bas, éclairée par une lumière posée sur la table, le premier objet qui frappa mon regard fut le lit de l'invalide, simple lit de sangles qui ne supportait qu'un seul matelas.
Les couvertures et draps posés sur une chaise témoignaient que Carambol n'avait pas encore achevé de préparer sa couche quand s'était produite la cause qui avait fait au malheureux quitter le logis.
Dans l'émotion épouvantée qui me secouait à mon entrée en la maison, deux détails qui, tout de suite, m'auraient appris l'horrible vérité, échappèrent à mon attention.
Je fus surtout terrifié par le silence sinistre qui régnait en ce logis d'où venait de sortir le Tombeur-des-Crânes.
—Henriette! appelai-je d'une voix que la peur étranglait dans ma gorge.