—Je le repincerai, ce Beau François et je jure bien que, cette fois-là, le coq ne s'envolera plus!

Cependant il avait quitté son poste d'observation sous le grand guichet et, à pas lents, il avait remonté le long de la colonne immobile des condamnés, examinant chaque visage et demeurant impassible aux injures et aux malédictions dont tous accueillaient au passage celui qui, par son activité incessante et son opiniâtre énergie, les avait amenés sur le chemin de l'échafaud.

Tout à fait le dernier de la file se tenait un homme sombre et résolu, qui devait être celui que Vasseur cherchait, car, dès qu'il l'eut aperçu, il marcha vers lui et, d'un ton sec:

—Doublet, approche! commanda-t-il.

Quand le condamné eut fait à sa rencontre quatre ou cinq pas qui le séparèrent de ses compagnons, le soldat lui souffla vivement:

—J'ai en poche l'ordre de surseoir à ton exécution et, tu le sais, l'échafaud une fois abattu, on ne le relèvera pas pour toi. Je puis donc te promettre la vie sauve.

L'homme ne broncha pas à cette offre de salut.

—Veux-tu parler? appuya Vasseur.

—C'est que je ne suis pas grand causeur de ma nature, dit le condamné d'un ton traînant.

Avec un petit sourire ironique, il ajouta: