Il avait une voix bien rauque, ce vilain homme. Il me sembla pourtant qu'elle s'adoucissait quand il ajouta:
—N'ayez pas trop peur de moi, mon enfant. Je ne suis pas le Marcassin pour tout le monde.
C'est ainsi que j'appris qu'il se nommait le Marcassin.
Puis il reprit:
—Préparez donc votre départ.
—Mais, objecta Gervaise, et ma bonne Annette?
—Annette nous accompagnera jusqu'au Mans. Elle est de cette ville: nous l'y laisserons à notre passage.
J'eus le tort de croire que le départ n'était pas si proche. Chaque matin, Gervaise avait l'habitude de venir soigner les fleurs de son jardin. Je m'éloignai donc en me promettant de revenir le lendemain faire mes adieux à la jeune fille à son heure de jardinage. Hélas! quand je me présentai, il était trop tard. Gervaise était partie au point du jour. Mais dans ma mémoire, deux noms étaient restés. Le nom du village de Saint-Florent-le-Vieil et le nom ou plutôt le sobriquet de Marcassin.
—Le reconnaîtrais-tu, cet oncle? demanda Vasseur.
—Oui, d'autant mieux que je l'ai revu une seconde fois.