Mais Vasseur, le cœur brisé, ne pouvait entendre cet appel, tout frémissant qu'il était du sort de Gervaise. Une seule pensée s'imposait à lui: retrouver la jeune fille.
—Il faut rejoindre le ravisseur! s'écria-t-il.
Et, avant qu'on pût le retenir, il s'élança hors de la Saunerie.
Il n'avait encore fait que deux pas quand un coup de feu éclata et une balle, lui rasant le visage vint s'enfoncer dans le mur de la masure.
D'un bond, Barnabé rejoignit le lieutenant et, sans lui laisser le temps de résister, il l'emporta, pour ainsi dire, dans la Saunerie. Si prompte qu'avait été cette retraite, elle avait été saluée de deux coups de carabine, qui, heureusement encore, manquèrent leur but.
Devant le danger, qui se révélait menaçant à Vasseur, l'amoureux redevint subitement soldat.
—Barricadons la porte et défendons-nous, commanda-t-il.
—Euh! euh! marmotta Barnabé, il y aura de l'ouvrage; nous avons à faire aux gars du Beau-François, que le coup de pistolet de Fichet nous a amenés sur le casaquin.
En un clin d'œil, les quatre compagnons eurent entassé, derrière la porte, tous les obstacles, en pierres et en solives, que leur fournissaient les ruines éparses dans leur refuge.
Pendant ce travail, apparaissaient, sortant du bois et des taillis qui entouraient la Saunerie, une trentaine de mécréants à mine patibulaire. N'ayant pu surprendre leurs ennemis, ils se décidaient à une attaque ouverte, attaque d'autant plus acharnée que, lors de sa sortie, ils avaient reconnu Vasseur. Pour ces survivants de la bande d'Orgères, le lieutenant était une proie convoitée par leur haine féroce. Aussi hurlaient-ils, avec une joie sauvage: