Donc, quand Vasseur, que suivaient Barnabé et les deux soldats, tous sourds au cri d'alarme de Meuzelin, se fut précipité dans la ruine, il ne fut pas long à constater l'horrible vérité.

—Disparue! s'écria-t-il douloureusement à la vue de la chambre déserte.

Ainsi, pendant qu'ils poursuivaient le Beau-François, en comptant revenir à Gervaise après la capture du Chauffeur, quelqu'un s'était introduit dans la Saunerie et en avait enlevé la jeune fille.

—Et tu dis avoir aperçu cet homme? demanda Vasseur s'adressant à Fichet.

—Oui. Qu'il s'est déchu de cet arbre qu'il dépasse le toit, affirma le soldat, en montrant la grosse branche qui surplombait l'entrée de la maison.

—Et, une fois sauté à terre, après avoir essuyé ton coup de feu, il est entré ici d'où il est ressorti aussitôt en emportant une femme? continua Vasseur d'une voix brisée.

—Que c'est comme j'ai l'honneur de vous écouter, déclara Fichet.

Il n'y avait pas à douter pour l'amoureux. La jeune fille était encore perdue pour lui!

Cette révélation de la lugubre vérité fut suivie d'un moment de silence, pendant lequel résonna, au loin, la voix de Meuzelin, qui leur criait encore:

—À l'auberge! vite à l'auberge!... Le coup de feu a gâté tout!