—Attendons, dit le lieutenant.
Pendant que, chacun à une fenêtre, Lambert et Fichet veillaient au grain, Vasseur et l'échalas s'assirent sur un tas de décombres.
La situation n'était pas gaie. Tenter une sortie, c'était vouloir se faire écharper sous le nombre. Des munitions, les quatre hommes en possédaient à eux tous, de quoi abattre un à un tous les gars du Beau-François, s'ils voulaient consentir à servir de cible; mais la disparition desdits gars prouvait que ce genre de distraction n'était pas de leur goût.
Quant à croire qu'ils étaient partis, il ne fallait pas s'arrêter à cette pensée. L'or du Beau-François était là pour défendre d'admettre cette supposition.
Restaient encore deux longues heures à s'écouler avant que le jour arrivé amenât sur la route des voyageurs qui pussent les secourir et, encore, ces voyageurs ne seraient ni assez nombreux ni assez hardis pour s'attaquer à toute une bande.
—J'ai confiance en Meuzelin, prononça Vasseur. Il ne doit pas être resté sans chercher un moyen de nous secourir.
—Oui, mais arrivera-t-il avant le tour que ces vauriens nous mijotent? répliqua Barnabé. Quel peut bien être ce tour?
—Je l'ignore. Il doit tendre à nous faire sortir de notre refuge, avança le lieutenant.
Et il répéta:
—Attendons.