Gervaise entra chez la comtesse, laissant son oncle devant la fenêtre, les yeux toujours attachés sur l'arrivant. Dès qu'il fut seul, le Marcassin fit entendre ce petit hoquet bas et précipité qui, chez lui, remplaçait le rire fou, et son œil brilla joyeux.
—Eh! eh! Tu as eu le nez cassé, ivrogne bavard! murmura-t-il.
Tandis que le général ralentissait l'allure de son cheval en approchant du château, pour dissimuler son empressement à revoir la charmante veuve, le Marcassin frotta ses énormes mains velues en ricanant:
—Viens au pas, viens au galop, tu n'en es pas moins pincé, gros pigeon amoureux.
Il achevait quand madame de Méralec entra. Gervaise l'avait trouvée habillée et près de quitter sa chambre.
Le métayer lui montra Labor qui mettait pied à terre dans la cour du château.
—Encore un qui voudrait faire cesser votre veuvage, dit-il avec sa familiarité de vieux serviteur.
—Oh! crois-tu? fit Clotilde en souriant.
Il la regarda dans les yeux. Peut-être aurait-il lâché quelque grosse plaisanterie bien salée de campagnard qui a son franc parler, mais la présence de Gervaise le retint. Il se contenta de dire:
—C'est en lui promettant du sucre qu'on voit un chien faire le beau!