Ensuite reprenant sa voix gaie:

—Le plus pressé pour le quart d'heure, dit-il, est de nous éloigner du voisinage du Beau-François.

Il éclata de rire en ajoutant:

—Nous éloigner... mais pas pour longtemps, car je compte bien le retrouver avant peu.

Tout en parlant, le policier avait ouvert le volet d'une fenêtre donnant du côté de la Sarthe, dans la direction de la place où avait existé la Saunerie.

—Tiens, fit-il, le maladroit nous laisse la route libre.

Les quatre compagnons vinrent le rejoindre à la fenêtre pour se rendre compte de l'exclamation.

—Comme pour la servante, expliqua Meuzelin, mon narcotique a cessé d'agir sur les bateliers de la Juliette. Peut-être, même, est-ce l'explosion de la Saunerie qui les a réveillés. Alors ils ont amené le bateau à l'autre rive et le Beau-François, renonçant à ses recherches dans les ruines, a jugé prudent d'embarquer ses sacripants.

En effet, la Juliette, se laissant aller au courant de la Sarthe, s'éloignait lentement. Sur son arrière se voyait, au jour naissant, la haute stature du Beau-François qui faisait descendre ses hommes sous le pont pour qu'on n'eût pas soupçon d'un chargement aussi suspect.

—À bientôt, grande bête! gronda entre ses dents le policier à l'adresse du Beau-François.