—Quoi faire?
—Défendre Gervaise contre ce danger qui, dis-tu, la menace.
—Oui, mais ce danger, il vous faudrait d'abord le connaître. Vous ne pouvez l'apprendre que par moi et il m'est impossible de vous en souffler mot.
La voix de Meuzelin se fit grave, quand il reprit:
—Écoutez-moi bien, lieutenant. Je vous jure qu'à vouloir agir seul, non seulement vous courrez danger de mort, mais, infailliblement, vous causerez celle de la jeune fille qui sera sacrifiée sans pitié comme l'a été la malheureuse femme de cette nuit.
Vasseur le regarda surpris.
—La mort de cette femme se rattache-t-elle à quelque mystère qui concerne Gervaise? demanda-t-il.
—Oui, la pauvre enfant se trouve englobée, à son insu, dans une affaire sinistre, de si complète façon, qu'il lui serait impossible de prouver son innocence si moi... moi seul, vous m'entendez... je ne viens à son aide.
Et d'un accent qui, pour ainsi dire, priait:
—Voyons, poursuivit l'agent, laissez-vous convaincre, lieutenant, bien qu'il me soit impossible de vous en dire plus, car l'œuvre à laquelle je me suis voué me ferme la bouche. Ayez confiance en moi. Je vous rendrai Gervaise.