—En route!

En vingt minutes, on atteignit Angers.

C'était précisément dans le faubourg par lequel ils faisaient leur entrée que se trouvait la maison de poste où relayait la diligence. Comme en beaucoup d'endroits, cette maison de poste était la boîte aux cancans, potins et racontars sur tout ce qui se passait dans la ville ou à dix lieues à la ronde.

À l'arrivée de Meuzelin et des siens, une dizaine de bavards, auxquels était mêlé le maître de poste, péroraient sur le tragique événement de la nuit précédente.

—Descendons là, proposa le policier.

À cette époque, où le peu de sûreté des routes forçait les voyageurs à se réunir pour leur défense commune, il n'y avait rien d'étonnant dans cette descente à l'auberge de la petite troupe de cinq individus.

Le maître de poste était des premiers cités parmi les aubergistes les plus empressés à tenir en règle leur livre d'inscription des voyageurs. Son premier soin fut de conduire les arrivants à la salle qui servait de bureau au service de la diligence, pour prendre, sur son registre, leurs noms, prénoms et qualité. Cette pièce était encombrée de paniers, caisses ou malles que les diligences avaient apportées à leur dernier passage ou devaient enlever à leur prochain départ.

Aubergiste et voyageurs avaient été suivis par le groupe des curieux, tous impatients que la formalité fût remplie pour pouvoir questionner à l'aise ces nouveaux venus, qui arrivaient par la route d'Ingrande et qui, ayant passé sur le lieu du crime, devaient abonder en détails sur l'attaque de la diligence.

Donc, le maître de poste-aubergiste, ayant pris un des deux gros registres placés sur son bureau, procéda à l'interrogatoire des frais débarqués, dont il inscrivit en même temps les déclarations.

Ce fut d'abord le citoyen Rameau, gros marchand en grain de Chartres, voyageant pour achats avec ses trois garçons fariniers.