—Oh! alors! fit Barnabé.

Et, sans hésiter, il marcha vers les caisses, en prit une de moyenne grandeur et, sortant par la cour, il se dirigea vers le hangar sous lequel la voiture était remisée.

Le policier l'avait suivi des yeux.

—Maintenant, se dit-il, je crois être en mesure de parer aux âneries que va commettre l'idiot qu'on appelle le général Labor.

Et, en souriant:

—Tout de même, pensa-t-il, le traquenard que lui tend Coupe-et-Tranche est bien imaginé... Tout me prouve que, cette fois, le maréchal m'a bien avoué la vérité.

[XV]

Quelles révélations Meuzelin avait-il tirées du maréchal pour qu'il eût ainsi laissé fuir le scélérat en récompense de ses aveux? Quand il se savait attendu par le général Labor, au lieu de se rendre à son devoir, pourquoi, non seulement y manquait-il, mais encore retenait-il Vasseur qui, lui aussi, était réclamé par Labor? Avec ses quatre compagnons, le policier comptait-il arriver à meilleure fin que le général avec toutes ses troupes? Enfin, était-il sincère quand, pour mieux vaincre la résistance du lieutenant, il avait affirmé qu'il s'agissait du salut de Gervaise?

Pour obtenir une réponse à toutes ces questions, nous laisserons s'écouler les trois semaines pendant lesquelles le général Labor avait fait rechercher partout le lieutenant et le policier disparus, et nous en reviendrons en ce moment où Fil-à-Beurre venait d'être amené, par le Marcassin, en présence du général Labor, dans le boudoir de la comtesse de Méralec.

Disons d'abord comment il se faisait que Barnabé était arrivé à être introduit dans le château de la Brivière par le Marcassin.