—Vous avez pourtant, madame la comtesse, vu le général le reconnaître, dit Cardeuc.
—Oui, mais toi?
Avant que le Marcassin pût répondre, la porte se rouvrit. C'était Gervaise qui arrivait, la figure animée, l'œil plein de joie. Elle avait à la bouche des paroles que la présence de son oncle, qu'elle ne s'attendait pas à trouver dans le boudoir, arrêta brusquement sur ses lèvres.
Immédiatement, la veuve devina une confidence à recevoir de la jeune fille. Elle n'eut pas besoin de congédier Cardeuc, car, profitant de l'arrivée de sa nièce, il gagna à son tour la porte en disant de sa voix gouailleuse:
—Je vais voir ce que le général fait de son Meuzelin.
—Mais tu ne m'as pas encore répondu au sujet de cet homme, insista la veuve.
Le dévoué serviteur avait son parler franc avec la comtesse. Arrivé au seuil du boudoir, il se retourna pour dire:
—Le général a tenu obstinément à trouver une fêve dans son gâteau. C'est son affaire.
Et il sortit.
Gervaise n'avait pas entendu un mot de ce qui venait d'être dit. La joie qui lui faisait doucement battre le cœur l'avait rendue distraite aux deux phrases échangées.