Une demi-heure plus tard, il partit après avoir soupé.

Quand Annette m'apporta ma part du repas, elle me trouva étendu tout de mon long.

—Est-ce que vous avez toujours dormi? me demanda-t-elle.

—C'est le bruit de vos pas qui vient de m'éveiller.

Je vis ses lèvres se remuer. À coup sûr, elle se réjouissait du danger évité, heureuse chance qu'elle devait attribuer à ce que le maître n'avait pas pris de lumière.

Je dormis toute la nuit, mais la curiosité me fit ouvrir l'œil au point du jour.

—Qu'est-il venu faire? me demandais-je, debout devant le tonneau d'avoine, examinant sur le sol des traces, imparfaitement effacées, qui prouvaient qu'on l'avait déplacé.

À mon tour, je changeai le tonneau de place.

À l'endroit qu'il recouvrait m'apparut, enfoui dans la terre, l'orifice d'un de ces énormes pots de grès dont il est fait usage pour conserver les salaisons.

Et ce monstrueux pot était à peu près plein de beaux louis d'or.