Vous dire que j'ai jamais hésité à satisfaire un seul des ruineux caprices de cette femme, vous ne le croiriez pas. Ma grande fortune y passa en deux ans, années pendant lesquelles ma maîtresse ne me donna pas, un instant, à douter de son amour toujours ardent, dévoué et fidèle comme au premier jour. Que m'importait la ruine puisque j'étais aimé comme au temps de ma richesse.

Ce fut donc avec la conviction intime que son dévouement accepterait la situation nouvelle que je vins, le sourire aux lèvres, lui annoncer ma ruine complète.

—Oh! oh! fit-elle en riant, tu as bien encore quelque héritage sur la planche.

—Aucun, dis-je, en voyant dans sa gaîté et sa demande qu'elle se résignait déjà à attendre des temps meilleurs.

—Bien vrai? insista-t-elle.

—Je n'ai plus à t'offrir que mon amour.

Alors, froidement, d'une voix impitoyable, elle me montra la porte en disant:

—En ce cas, vicomte, voici la porte pour t'en aller. Tu n'as plus le sou, donc bon voyage!

La stupeur me rendit muet.

Ensuite je l'entendis qui ajoutait en scandant ses mots: