Distrait par cette apparition du docteur, je fus tout à l'arrêt qu'il allait prononcer. Croutot, à quelques pas derrière moi, était resté pour l'entendre.
—Dans cinq minutes il sera mort, me souffla le médecin.
L'agonie était commencée quand, tout à coup, le vicomte ouvrit ses yeux grands qu'il fixa sur moi. Il me sembla qu'il demandait à me faire une recommandation dernière et je me penchai sur sa couche.
À peine perceptible, sa voix prononça:
—Surtout la lettre à Julie…
Je ne devais pas apprendre de lui ce nom de famille, car le vicomte se raidit en une dernière convulsion.
—C'est fini annonça le docteur qui repartit aussitôt, reconduit par
Croutot.
Resté seul, je ramassai les lettres dont je me mis à lire les suscriptions avant de les renfermer dans mon portefeuille, voulant mettre à part celle adressée à cette Julie dont j'allais apprendre le nom de la famille.
Il n'en était aucune au nom de Julie!!!
Peut-être cette lettre était-elle tombée à terre. Je regardai sous la table et sous les meubles voisins. Rien! Je soulevai des papiers et des livres placés sur la table dans l'espoir qu'ils recouvriraient la lettre adressée à Julie l'inconnue. Toujours rien! Le vicomte m'avait si fort recommandé cette missive que la pensée me vint qu'il avait pu la distraire des autres. Je fouillai sous l'oreiller du mort. Pas de lettre!