Meuzelin s'était éloigné de la cloison pour pouvoir causer avec les arrivants, qu'il attendait à l'autre bout de la chambre.

Le ronflement grondait toujours, sourd et continu.

À ce bruit, qui se faisait entendre dans une chambre où il ne voyait que Meuzelin parfaitement éveillé, Fichet, qui tombait de sommeil, fut pris d'un soupçon:

—Que serait-ce moi qui ronflerait sans en avoir la doutance? se demanda-t-il.

Cependant Meuzelin disait à l'oreille du lieutenant:

—J'ai découvert le mécanisme. Simple comme bonjour. À appuyer du pied sur une feuille du parquet. Dites à vos hommes de détacher les embrasses des rideaux. Faute de mieux, notre ronfleur nous pardonnera de l'avoir garrotté avec des tresses en soie. À la guerre comme à la guerre.

Cela débité en souriant, il retourna à la cloison, tout prêt à faire jouer le ressort sous son pied dès que Fichet et Lambert seraient en mesure d'attacher le ronfleur, à qui on préparait ce réveil désagréable.

En un clin d'oeil, les embrasses furent aux mains des gendarmes qui, avec Vasseur, se rapprochèrent du policier.

—Attention! sembla commander Meuzelin du regard.

Quand, d'un signe de tête chacun eut répondu à cette invite muette, il leva le pied pour le poser sur le ressort.