Et, malgré lui, ses mâchoires s'ouvrirent à toute charnière, semblant attendre leur proie.
Barnabé avait vu cette pantomime éloquente. Pendant que Meuzelin et le lieutenant se consultaient sur le parti à prendre, l'échalas marcha vers une des mannes où il cueillit une épaule de mouton que le rissolé de sa peau annonçait être cuite à point, puis il revint à l'ogre auquel il tendit le morceau de viande, qui pouvait bien peser trois livres.
—Acceptez donc cette pastille en attendant un repas sérieux, dit-il.
Comme les deux griffes d'un tigre affamé, les mains de Pitard se crispèrent sur la pastille.
Après ce qu'avait annoncé le pique-assiette, Vasseur et le policier s'étaient décidés pour le souterrain.
—La cachette dont vous nous avez parlé, Pitard, n'est pas une souricière dont, une fois entré, nous ne pourrions plus sortir? demanda Meuzelin.
À travers le mastic de viande qui lui emplissait la bouche, l'ogre parvint à répondre:
—Une issue, que je suis seul à connaître, part de la cachette en question.
—Alors, conduisez-nous? dit Vasseur.
On régla la marche. Pitard marcherait en tête. Barnabé prendrait Croutot sur son dos. Les deux soldats se chargeraient des vivres. Suivraient Vasseur et le policier en portant les armes et les munitions.