Et il montra la porte secrète.

—Mais, fit Vasseur, parce que d'autres, mieux que nous, connaissent ces souterrains où ils nous traqueraient trop facilement.

—Mieux que vous, oui; mais pas mieux que moi, dit Pitard en souriant. J'y connais une cachette où je défierais bien tous les bandits de nous dénicher.

—Nous dénicher, répéta Barnabé en appuyant sur le «nous». Est-ce que, citoyen Pitard, vous tenez vraiment à être de la fête?

—Pourquoi pas! Je n'ai rien à faire; ce serait une façon de me distraire. Je suis de ces badauds qui suivent la foule, dit tranquillement l'ogre.

Puis, avec un sourire, il ajouta:

—Pourvu qu'on me nourrisse… et j'avoue que c'est une rude tâche pour qui l'entreprend!

Il achevait, quand Lambert et Fichet reparurent, chacun porteur d'une manne pleine de victuailles. Leur chasse aux comestibles avait été d'autant plus fructueuse que, la veille, lorsque les hussards avaient fait évacuer le nombreux personnel de bandits qui représentait censément la domesticité de la fausse comtesse de Méralec, on allait dîner à l'office, vraie table d'hôte où une trentaine de gredins prenaient place. Arrachés, pour ainsi dire, du bord des plats, ils avaient dû abandonner une boustifaille dont leur appétit s'était promis fête.

C'était sur cette montagne d'aliments que les deux gendarmes avaient fait main basse.

—Oh! oh! oh! lâcha avidement Pitard à la vue de tant de nourriture.