—Ça, dit-il, c'est le secret d'un autre. Sur ma conscience d'honnête homme, je ne puis le révéler.

En affirmant sur sa conscience la voix de Pitard s'était accentuée tellement loyale, que Meuzelin et ses compagnons se sentirent pris d'un intérêt profond pour ce brave homme qu'ils allaient embarquer, sans qu'il s'en doutât, en leur périlleuse aventure.

Le policier lui saisit la main et, spontanément, bien convaincu qu'il pouvait user de franchise avec celui qu'il jugeait incapable de le trahir, il dit à l'ogre:

—En deux mots, Pitard, voici en quelle passe nous sommes.

Puis, après s'être fait connaître, lui et Vasseur, il raconta brièvement au glouton par suite de quels événements ils avaient été conduits en cette situation d'avoir bientôt à défendre leur vie contre les bandits qui allaient venir.

—L'épaisse tour du pigeonnier, bien isolée, nous permettra de soutenir un siège en règle, ajouta-t-il.

Et, sur ce, le policier secoua la main du pique-assiette, en disant pour terminer:

—Ainsi donc, citoyen Pitard, pendant qu'il est encore temps, détalez vite pour n'être pas pris dans la bagarre.

Loin de profiter de l'avis, le pique-assiette était resté sur place et réfléchissant. Après un court silence, il demanda:

—Au lieu du pigeonnier où toute retraite serait coupée, pourquoi pas là?