—Dame! fit le géant, il me semble que les affaires d'une certaine Julie, sur laquelle ils ont voulu me faire causer, te regardent mieux que moi… Il paraît qu'elle est mal trépassée, la Julie? à ce qu'ils disent.

Après ces derniers mots, sur lesquels il avait appuyé, le Beau-François continua:

—Après tout, je crois que ces farceurs-là se soucient moins de la mort de Julie que de certain trésor dont elle avait connaissance et sur lequel ils veulent poser la patte. Aussi m'ont-ils menacé de me livrer au général Labor si je continue à me taire… tandis qu'ils m'offrent la clef des champs si je parle. Et pour que je me décide sur l'une ou l'autre de ces propositions, ils m'ont déposé ici, bien au frais, en me donnant une heure pour réfléchir.

—Et tu as réfléchi?

—Oui, j'ai adopté un parti.

—Lequel?

—Celui d'accepter la clef des champs.

Le roquet n'en avait pas mené large pendant ce dialogue échangé de bouche à oreille. À la dernière réponse du géant, il tressaillit des pieds à la tête et demanda d'une voix que la surprise étranglait:

—Mais, pour avoir ta liberté, ne m'as-tu pas dit qu'il te faut parler du trésor de la Julie?

—Eh bien? fit le colosse d'un petit ton bien naïf.