Cela dit, Pitard s'approcha d'une muraille, et, comme il avait opéré dans le caveau supérieur, il appuya sur une pierre. Cette pesée fit rouler sur ses gonds une large dalle qui découvrit un passage.

Vasseur, soutenant Gervaise qu'il avait réveillée, passa le premier, suivi par tous les compagnons.

—Voilà qui est fait, dit Pitard qui referma la dalle derrière
Fil-à-Beurre passé le dernier en emportant l'échelle.

—Où sommes-nous? demanda Meuzelin.

—Dans une ancienne glacière, que surmonte un pavillon rustique, situé dans la propriété de madame de Biéleuze. La communication qui vient de nous servir est celle que la comtesse et le marquis de la Brivière, au temps de leurs amours cachées, firent secrètement percer par des ouvriers, amenés, de Paris et tenus au secret pendant les travaux, pour pouvoir passer de l'un chez l'autre en déroutant la médisance du pays qui les épiait.

Après cette explication, que tous avaient entendue, Pitard ajouta d'un ton goguenard:

—N'empêche que son poivre dans les yeux a empêché Croutot de nous voir sortir.

Et brusquement, avec un éclat de rire:

—Avec ça, fit-il, que je lui conseille de se plaindre, le roquet maudit. Ne l'ai-je pas servi à souhait en lui faisant connaître ce caveau qu'il cherchait vainement depuis tant d'années?… il voulait découvrir la cachette de la comtesse de Biéleuze. Il n'a plus rien à apprendre maintenant.

—Ainsi, c'est dans le caveau que nous venons de quitter que sont enfouis les millions de la comtesse? demanda vivement Meuzelin.