Toute gaieté disparut du visage de Pitard, qui secoua la tête en répondant d'un voix navrée:

—Hélas! ils n'y sont plus! M. le vicomte de Biéleuze a bien fait de se tuer; car il avait abusé du secret que sa mère avait confié à son honneur. Jusqu'au dernier sou, et en y comprenant les trois cent mille livres léguées à la pauvre Julie, il avait mangé le trésor pour subvenir aux caprices de la misérable Suzanne, cette abjecte courtisane, aujourd'hui complice des bandits, dont il s'était malheureusement affolé.

Après la révélation de la honteuse faute commise par le malheureux vicomte, la voix de Pitard redevint railleuse pour continuer:

—Aussi vous comprenez qu'on peut laisser Croutot dans ce caveau qu'il a tant cherché.

—Dans une heure, nous viendrons le reprendre, car le misérable a un compte à régler avec la justice, annonça Meuzelin.

À ces mots, un sourire cruel apparut sur les lèvres de l'ogre.

—Oh! oh! ricana-t-il, je crois bien qu'il est tout réglé, le compte de ce gredin.

Et comme les autres le regardaient sans comprendre, il continua en émiettant ses mots:

—Car j'ai complètement oublié de vous prévenir que, du côté où nous sommes, il me serait impossible de rouvrir la communication. La rouille et le temps ont eu raison du ressort qui s'est brisé. Donc Croutot est là et il y restera.

L'avorton était le dernier des sacripants, mais à la pensée d'abandonner cet homme dans cette tombe anticipée, où la mort lente et terrible par la faim aurait raison de lui, un sentiment de pitié se peignit sur tous les visages. Avant qu'un des compagnons pût protester, Pitard se hâta d'ajouter de sa même voix ironique: