—Comment diable! a-t-il fini par y voir clair, le vieux coureur de jupons? se demanda encore Meuzelin qui, à la vue de ces corps, dut s'avouer que le général, pour un peu qu'il s'était attardé à folichonner avec Suzanne, avait largement rattrapé le temps perdu.
Ralentis par Gervaise affaiblie, que soutenait Vasseur, les six hommes s'avançaient lentement.
Au détour d'une allée, ils furent tout à coup cernés par une compagnie de soldats, sortie d'un affût derrière des massifs.
—Encore une nichée de gredins! ricana un caporal.
—Pris les armes à la main. Leur affaire ne pèsera pas lourd.
Conduisons-les au général, ajouta le sergent.
Et, sans les désarmer, pour que le port d'armes fût bien avéré, les soldats entraînèrent Meuzelin et les siens, englobés dans leurs rangs.
Comme le disait Meuzelin, Labor avait fini par y voir clair à propos des Chauffeurs. Mais ne se pouvait-il pas aussi que sa cécité eût persisté à l'endroit du policier et de ses amis et que, confondant tout en un bloc, il ne leur fît partager le destin des Chauffeurs?
—Il a l'humeur expéditive, le vieux plumet. Pourvu qu'il nous laisse le temps de nous expliquer! souffla Fil-à-Beurre au policier.
Si Meuzelin ne répondit pas, c'est que, tout à coup, à l'angle d'un taillis dépassé, ils se trouvèrent brusquement en présence du général qui, entouré d'un groupe d'officiers, examinait de loin une cinquantaine de soldats qu'on apercevait, cachés derrière des buissons, surveillant la sortie d'une serre en ruine.
—Général, encore six vilains oiseaux de pincés! annonça le sergent.