Labor fut saisi d'un fou rire qui lui permit de bégayer à grand'peine:
—Ah! un nain! Si c'est de la sorte que vous connaissez Croutot…
Sachez que c'est un vrai géant.
Puis, tout aussitôt:
—Tenez! fit-il voici qu'on l'amène. Regardez-le et dites si c'est un nain.
Meuzelin et Vasseur se retournèrent vers celui qui arrivait conduit par les soldats.
—Le Beau-François! s'écrièrent-ils.
Oui, c'était bien lui! Empêché de fuir par sa blessure, il avait été pincé par les soldats de Labor qui, en le fouillant, avaient trouvé cette lettre que le géant avait retirée de la poche de Croutot quand il l'avait étourdi, dans le souterrain, d'un si terrible coup de poing.
Le Beau-François avait joué son va-tout en profitant de cette lettre pour avouer au général qu'il était Croutot.
En reconnaissant Vasseur et l'agent, le colosse comprit que c'en était fait de la ruse qui, seul de tous ses complices, l'avait laissé survivre.
Malgré sa blessure, il bondit vers le cheval du général qu'un ordonnance tenait en main à quelques pas du groupe. Après avoir, de son énorme poing, assommé le soldat, il s'élança sur l'animal qu'il enleva à fond de train. Mais, en fuyant, il voulut se venger de celui qui avait anéanti la bande d'Orgères.