Et, en même temps que le souvenir du baiser, lui revint aussi en mémoire la phrase de Meuzelin lui annonçant que le personnage en question devait être agréablement occupé à conter fleurette à une jolie fille.
Cependant le policier lui répétait:
—Veux-tu que je l'appelle? Il te connaît, te dis-je… Et peut-être aussi le connais-tu? Je puis te le nommer.
D'un regard elle le défia de citer le nom.
—Vasseur, prononça Meuzelin.
L'effet de ce nom fut pareil à celui d'un coup de foudre. Elle fut d'un bond sur pied, convulsive, menaçante, le visage contracté par une jalousie terrible. Elle poussa un cri de tigresse et, avant que Meuzelin pût l'arrêter, elle s'élança vers la porte, l'ouvrit et se précipita dans la lingerie.
Agenouillé devant Gervaise, le lieutenant était en train de couvrir de baisers brûlants les mains de la jeune fille, tout en murmurant:
—Je t'aime, Gervaise, je t'aime!
À la vue de ce spectacle et, surtout, en entendant ces mots d'amour, la femme fut prise d'une folie furieuse qui lui fit oublier qu'elle n'était plus comtesse de Méralec et que, partant, elle n'avait plus le droit de commander.
Elle s'élança vers Gervaise en grinçant d'une voix brisée par la rage: